Alias
: Amenophis, Amenhotpe

Le règne d'Amenhotep
II est quelque peu occulté par le prestige de celui
de son père. Le nouveau roi tente cependant de se distinguer,
développant le mythe de la force surnaturelle de sa
personne dans la propagande royale.
L'exaltation de la force
Fils du roi Thoutmosis
III et de la reine Hatshepsout-Méritrê
(à ne pas confondre avec la reine Hatshepsout, corégente
de Thoutmosis III), Amenhotep II monte à 18 ans sur
le trône.
Le récit de sa jeunesse
est connu par une stèle découverte en 1936 près
du grand sphinx de Guizeh (Urk. IV, 1272, 10). Cette inscription
vante les qualités du jeune prince Amenhotep, notamment
ses vertus physiques et martiales, présentées
comme ce qui motive son père à le choisir comme
héritier.
Il est possible qu’il ait
d’abord corégné avec son père. Les
reliefs du temple d’Amada font en effet alterner les
représentations de Thoutmosis III et d’Amenhotep
II. De plus, l’autobiographie d’Amenemheb donne
pour la mort de Thoutmosis III la date de l’an 54, le
dernier jour du 3e mois de la saison peret, tandis que la
stèle d’Ousersatet indique que l’avènement
royal d’Amenhotep II a eu lieu le 1er jour du 4e
mois de la saison d’Akhet (soit 8 mois après si
l’on écarte l’hypothèse de la corégence
ou 4 mois et éventuellement x années avant si
on l’accepte).
Peu de ses monuments nous sont
parvenus. A Karnak, il fait édifier la chapelle d’albâtre,
qui servait de reposoir à la barque divine entre le
VIIe et le VIIIe pylône, le kiosque
jubilaire près du Xe pylône, une chapelle
en granit rouge, ultérieurement déplacée
par Séthy Ier. Il fait également décorer
le VIIIe
pylône, construit par Hatshepsout. D’autres
vestiges sont connus à Héliopolis, Medamoud,
Denderah, Sehel, Eléphantine, Saï, Bouhen, Qasr
Ibrîm et Pnoubs.
Deux ou trois campagnes militaires
sont attestées. Elles ont pour objet la Syro-Palestine.
En l’an 7 (ou 3), à l’issue d’une campagne
victorieuse, il massacre lui-même sept princes ennemis.
Leurs cadavres sont suspendus à la proue du navire
royal. Six d’entre eux sont pendus à la muraille
de Thèbes, le dernier à celle de Napata, en
Nubie, afin d’impressionner les peuples du sud (Urk IV,
1296.13-1297-12). En l’an 9, il repart en campagne et
fait un butin considérable : 89 600 captifs, s’il
faut en croire les chiffres de la stèle de Memphis.
Le règne d’Amenhotep
II est marqué par un style artistique particulier,
où les formes sont raffinées et sensuelles.
Cet épanouissement des arts, conséquence de
l’ouverture internationale de l’Egypte à
cette époque, est néanmoins parallèle
à une affirmation paroxystique et brutale de l’impérialisme
égyptien. Les documents officiels d’Amenhotep
II présentent une vision très guerrière
et xénophobe du monde. A la fin de sa première
campagne, Amenhotep II capture un messager du Naharina, montrant
le peu de cas qu’il fait des usages du droit international.
La tradition manéthonienne
donne 25 ans et 10 jours de règne, ce qui est compatible
avec la datation la plus tardive des sources (an 26).
Le roi est enterré dans
la tombe KV35. Celle-ci, découverte en 1898 par Victor
Loret, contenait les momies de plusieurs rois du Nouvel Empire,
cachées là par les autorités thébaines
sous la XXIe dynastie (« deuxième
cachette royale »).
11/03/02 -
14/12/02
Renaud de Spens.
Bibliographie
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Généralités
:
Lexicon der Ägyptologie.
Claude Vandersleyen, L'Egypte et la Vallée
du Nil, tome 2, Paris 1995, p. 318-341.
Nicolas Grimal, Histoire de l'Egypte ancienne,
Paris 1988, p. 279-282.
Pascal Vernus, Jean Yoyotte, Les Pharaons, Paris
1988, p. 14-15.
Claire Lalouette, Thèbes ou la naissance d'un
empire, Paris 1986, chapitre VI.
Bibliographie
complémentaire (KV5.com).
Stèle
du sphinx
:
Corégence
:
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Liens
|
La
tombe aux vignes (osiris.net). La tombe de Sennefer,
gouverneur de Thèbes sous Amenhotep II.
Amenhotep
II (KV5.com). Synthèse.
La
maison de Djéhoutynefer (An introduction
to the history and culture of Pharaonic Egypt). Schéma
de la demeure de ce scribe royal d'Amenhotep II, retrouvée
dans sa tombe. |
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